26 Jan 2015

Comment peut-on améliorer la rétrospective en agile ?

Dans les méthodes agiles et notamment Scrum, la rétrospective est l’un des rituels qui met le plus en évidence la culture de l’amélioration continue. C’est pour cela, lors de notre passage vers le kanban, que nous avons décidé de garder ce rituel.

Généralement, la réunion de rétrospective consiste à faire le bilan, de l’itération précédente, avec l’ensemble de l’équipe. Elle est animée par le scrum master. Chaque membre de l’équipe présente son retour d’expérience sur le précédent sprint, en se basant sur les trois axes suivants :

  • Ce qu’il faut continuer à faire durant le ou la prochain(e) release/sprint. (what we keep doing)
  • Ce qu’il faut arrêter de faire. (what we stop doing)
  • Ce qu’il faut commencer à faire. (what we start doing)

A la suite de cette réunion, l’équipe définit un ensemble d’actions à mettre en place.

Également, lors de la rétrospective suivante, il est important de faire un bilan des actions décidées lors de la précédente itération et qui ont été menées durant l’itération courante. Éventuellement, s’il y a des actions qui n’ont pas pu être réalisées, il faut essayer de comprendre les raisons et partager la nécessité d’entreprendre ces actions dans le prochain sprint.

Chez AXA et après un certain temps, nous avons remarqué que la réunion est devenue assez monotone pour l’équipe. Ainsi, et pour rompre cette routine, nous avons changé quelques concepts dans le déroulement de la rétrospective.

Pour cela, nous nous sommes inspirés du livre « Getting Value out of Agile Retrospective » de Ben Linders et Luis Gonçalves. Dans ce livre, les auteurs présentent des techniques différentes pour la réalisation d’une rétrospective. Ces techniques peuvent changer en fonction du contexte du projet. Nous avons, par exemple, testé l’exercice Startfish. Cf. Figure 1.

startfish

Figure 1. Startfish rétrospective

 

Comme vous pouvez le voir il s’agit d’une autre décomposition des axes d’amélioration.

En effet, nous trouvons toujours les (Stop, Start and Keep). En revanche, nous avons rajouté :

  • Less : Ce sont les actions que nous allons essayer de moins faire car elles ont une faible valeur ajoutée pour le projet.
  • More : Ce sont les actions que nous faisons déjà mais qu’il faut essayer de faire plus souvent, car elles ont une grande valeur ajoutée.

En outre, l’équipe a sélectionné les actions les plus importantes à réaliser et pour s’assurer de leur mise en place, nous avons désigné « un responsable d’actions ». En effet, la personne désignée comme responsable sur une action donnée, jouera un rôle de garant pour, la mise en place de l’action et son bon déroulement.

Ce petit changement, aussi anodin soit-il, a eu un effet positif sur l’ensemble de l’équipe et nous a permis de sortir du cadre de la réunion classique. Un autre point très important, c’est que dans une rétrospective tous les membres de l’équipe doivent pouvoir s’exprimer librement et en toute sérénité. Dans le cas inverse, la réunion peut perdre tout son intérêt. Parfois, il peut s’avérer utile qu’une autre personne, en dehors de l’équipe joue le rôle d’animateur/facilitateur.

Je vous invite à ne pas hésiter et à tester ces petits changements. Le bon déroulement de la rétrospective est indispensable pour l’amélioration de toutes équipes. C’est le moment, où nous pouvons partager nos avis et échanger sur comment nous pouvons aller plus loin dans notre façon de faire. Ce que vous pouvez tester aussi, c’est la rétrospective de la rétrospective. C’est-à-dire, demander l’avis des participants à la réunion, s’ils l’ont trouvé intéressante et s’ils voient l’intérêt de reprendre ce rituel après chaque itération.

Par ailleurs, prenez le temps de bien préparer votre rétrospective, assurez-vous que les actions qui ont été sélectionnées à la suite de cette réunion soient vraiment appliquées, et respecter ainsi l’engagement de l’équipe.

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